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De Cuzco à Pisac au Pérou


Le Conquistador espagnol Francisco Pizarro puis ses successeurs érigèrent, dès le XV ème siècle, sur l'ancien site religieux inca, la cathédrale de Cuzco, (=nombril du monde en Quéchua). Ils démontèrent une partie des pierres volcaniques de la forteresse voisine de Sacsayhuamán.

Photo de la Plaza de Armas et de la Cathédrale de Cuzco
Cathédrale de Cuzco sur la plaza de Armas


Dans vallée sacrée de la rivière Vilcanota adossée à la cordillère de l'Urubamba, et affluente du fleuve Apurimac (qui se jette dans l'Amazone), les paysans vivent de cultures et d'élevage.

Photo d'indienne de l'Urubamba
Paysanne de la haute vallée de la cordillère de l'Urubamba


C'est à Tambomachay, distant d'une dizaine de kilomètres de Cuzco, que l'Empereur Inca avait coutume de prendre son bain. Ces sources sacrées coulent de terrasses en terrasses. L'eau de ces fontaines est d'une étonnante clarté et d'une grande pureté. Les blocs de pierres de plusieurs tonnes qui furent transportés sur des kilomètres puis ajustés sur place, restent un énigme technique. Les Incas ne connaissaient pas la roue. N'utilisaient-ils donc que la seule force humaine et animale ?

Photo des fontaines de Tambomachay au Pérou
Site sacré des sources de Tambomachay
réservées aux bains de L'Empereur Inca


A Pisac, les terrasses jadis cultivées par les indiens, sont peu à peu délaissées. Le réchauffement climatique et la disparition de la neige ont partiellement asséché les terres. Le "temple du soleil et celui de la lune" datant de la civilisation kenko ne furent jamais détruits par les maîtres des lieux, les Incas.

photo du temple du soleil à Pisac
Temple du soleil et terrasses agricoles de Pisac


Le marché de Pisac est très animé. Les tisserandes proposent aux chalands des lainages colorés, des chapeaux de feutre et de nombreux autres produits. Les petites échoppes regorgent de cet artisanat, importante source de revenus pour ces indiens de la cordillère qui vivent très modestement.

Photo d'une boutique d'artisanat à Pisac
Boutique d'artisanat au marché de Pisac

Les colorants naturels extraits des végétaux sont utilisés par les fileuses et les tisserandes locales pour la teinture des laines de lama et d'alpaga.

photo de colorants végétaux marché de Pisac
Colorants pour la teinture des lainages

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Voyage dans les Andes péruviennes

Nous arrivons à Lima, capitale du Pérou, en bordure de l'océan pacifique. Nous y passons une courte nuit avant de prendre l'avion qui nous déposera à Cuzco, ancienne capitale de l'Empire Inca. Nos premières pensées sur ces terres andines, difficilement accessibles, sont pour ces prestigieuses et néanmoins mystérieuses civilisations pré-incasiques. Celles des indiens Mochicas, des Chimus, des Aymaras puis des Chancas, ces peuples panandins, vivant sur les hauts-plateaux et dans les hautes vallées des Andes. Chasseurs et cueilleurs, il y a 10 000 ans, puis cultivateurs vers 1200 AV J-C. "La civilisation du maïs" était en train de naître et avec elle l'Empire Inca (le haricot qui fut la base de l'alimentation, fut peu à peu associé au maïs, d'une plus grande valeur nutritive).

Photo d'un Inca calculant avec son quipu
Dignitaire Inca comptant sur sa "calculette" ou quipu


La tribu des Incas établie à Cuzco ("centre du monde" en Quechua), en soumettant les autres tribus, allait construire, à la fin du XIII ème siècle, le plus grand empire précolombien de la région. Les messagers de l'empereur ("Sapa Inca" fils du Soleil) lui rendaient quotidiennement des comptes grâce à ce système comptable fait de cordelettes colorées et de nœuds, ou "quipu".

A 3300 m, les collines entourant la capitale historique des Incas, offrent une vue générale de la ville qui témoigne de sa splendeur architecturale passée. Les paysannes et leurs enfants font paître leurs troupeaux de lamas aux portes de Cuzco.

Photo de bergères indiennes à Cuzco
Femmes et enfants indiens avec leurs lamas
sur les hauteurs de Cuzco


Tout près de Cuzco, les trois murailles cyclopéennes de la Forteresse de Sacsayhuamán s'étagent en zigzag. Difficile de percer le secret de ces géniaux bâtisseurs, qui ajustèrent au millimètre ces énormes blocs de pierres. Faisant de ce site militaire et religieux, une citadelle quasi inexpugnable qui protégeait la capitale Cuzco de toutes intrusions ou attaques.

Photo de la Forteresse de Sacsayhuamán au Pérou
Forteresse de Sacsayhuamán près de Cuzco


La domestication du lama fut un des principaux ressorts de l'épanouissement de la civilisation inca. Animal de bât, pourvoyeur de lait, de viande, de laine, cet animal fournit également à l'homme le cuir, les tendons et les os. Mais aussi, par ses excréments ou "taquias", le combustible fort utile à ces altitudes.
Photo d'une fileuse de laine de lama
Indienne filant au fuseau la laine de lama


Si pour l'esquimau le phoque est une richesse, si pour le Népalais le yak est un bien précieux, si pour le Saharien le dromadaire est une chance, pour l'Indien des Andes, le lama est une heureuse providence.

Photo de lamas sur l'Altiplano
Lamas en liberté sur le plateau andin


Le haricot (purutu en Quechua), la pomme de terre (papa en Quechua) et le maïs ( divinisé par les Amérindiens) sont les trois plantes vivrières de l'alimentation andine. Il existe d'innombrables variétés de Maïs. On a pu en voir sur les marchés dans les bourgades que nous avons traversées. "Les hommes de Maïs" (Hombres de Maiz") de l'écrivain guatémaltèque, Miguel Angel Asturias, évoque parfaitement la civilisation née de cette culture.

Photo de variété de maïs
Variétés de maïs au marché de Pisac


(Un grand merci à Monique et Hervé pour leur contribution)

Sur le marché de Pisac au Pérou

Sur le marché de Pisac affluent les produits de l'agriculture locale. Tous les fruits et légumes qui poussent dans les hautes vallées andines se retrouvent ici, dans ce village rural à 3 000 mètres d'altitude. Le paysan indien cultive méticuleusement son lopin de terre. Les moyens techniques dont il dispose sont très archaïques. La production est fort modeste. Depuis 1972, une réforme agraire a rendu en partie la terre ancestrale, propriété des grandes fermes ou "haciendas" foncières, aux communautés indiennes constituées en coopératives agricoles.
Photo d'indiennes des Andes à Pisac
Paysannes de Pisac vendant leurs productions de fruits et légumes


On vient ici pour acheter chevreaux, porcelets, volailles que l'on élèvera dans la cour commune du hameau. Quant aux visiteurs, ils n'ont que l'embarras du choix pour rapporter des sacs, des "ponchos", des couvertures patiemment tissées par les indiennes dans leur communauté.

Photo d'une indienne avec son chevreau
Petite Indienne de Pisac veillant sur son chevreau


Les indiens du Pérou comme leurs frères de Bolivie et des autres pays andins sont très attachés à leurs coutumes. Ils portent fièrement le costume et tous les attributs traditionnels : chapeaux de feutre emblème national du peuple indien (= sombrero hongo), bonnet de laine, poncho ou "manta" et sandales en cuir de lama.
Cet indien continue à parler le quéchua, sa langue natale et s'habille comme étaient vêtus ses ancêtres Incas.

Photo d'un vieil indien de Pisac au Pérou
Indien au visage buriné par le vent et le soleil
de la cordillère des Andes


Les indiennes tissent des toiles couvertes de motifs animaliers (le lama, le jaguar, le serpent). Animaux sacrés du panthéon religieux qui sont depuis toujours, profondément respectés par les amérindiens. On y trouve aussi la représentation du dieu créateur : Viracocha, divinité inca de la pluie qui créa près du Lac Titicaca, le soleil, la lune, les étoiles, puis les tribus indiennes des Andes et enfin le reste du monde.

Photo de toiles du Pérou
Tissus en laine de lamas teintés
de colorants végétaux


Les femmes indiennes, comme les hommes, restent fidèles au costume traditionnel. Elles agrémentent parfois leur chapeau de la "Cantuta", fleur nationale, emblème du Pérou. Cette fleur rouge, blanche ou jaune, dédiée au roi soleil est portée par les femmes célibataires. Parfois, la "Cantuta" accompagne le mort dans sa sépulture, elle apaisera sa soif. On la trouve aussi accrochée à la porte de la maison, c'est un signe ostentatoire d'hospitalité indienne.

Photo d'une indienne en costume du Pérou
Indienne de Pisac arborant la Cantatuta sur son chapeau


Autrefois, les indiens pratiquaient les cultures en terrasses au pied du Temple du Soleil, sur les collines de Pisac. Il n'en est rien actuellement. Un projet de recherche agronomique tente cependant d'étudier la croissance de certains végétaux en fonction de leur emplacement sur les terrasses.

Photo des terrasses au temple du soleil à Pisac
Le site de Pisac

Chinchero, porte de la Vallée sacrée des Incas au Pérou

Chinchero est une bourgade de 3000 habitants environ qui contrôle l'accès à la Vallée Sacrée des Incas. C'est un centre agricole que les conquistadors ont investi pour reconstruire, sur les ruines d'un temple solaire indien, une église chrétienne.
Chincheros est distant d'une trentaine de kilomètres de Cuzco. Village d'altitude andine à 3700 mètres environ, son nom viendrait de "chinchilla", lapin à longue queue qui pullulait jadis dans les parages mais qui a pratiquement disparu (mangé?..).

Les indiennes de Chinchero, regroupées en association travaillent la laine des lamas qu'elles lavent avec des racines d'arbres.Elles teignent les pelotes en les trempant dans des végétaux ou dans des cochenilles.

Photo de teinture de la laine à Chinchero Pérou
Teinture de la laine sur le marché textile de Chinchero


C'est ensuite le temps (qui pour les indiens n'a pas la même valeur que le nôtre!) très long du tissage manuel.

Photo de tisseuses indiennes de chinchero du Pérou
Indiennes de la coopérative de tissage à Chinchero


Derrière les tisseuses, on devine les pelotes de laine de couleurs naturelles qui attendent d'être tendues sur le métier à tisser. Celui-ci n'a pas changé depuis l'époque Inca.

Photo d'un métier à tisser quéchua
Tissage ancestral à Chincheros


Les manteaux, couvertures, tentures en laine de lamas sont d'une très grande variété de tons, de couleurs et de motifs.

Photo de motifs de tentures indiennes
Motifs et coloris vifs et variés des tissus péruviens


Sur le marché de Chincheros, les paysannes vendent aussi dans des récipients émaillés des légumes et tubercules locaux, issus de leurs champs : pommes de terre ou papas, lisa, maïs, quinoa, fève, haricot.

Photo de quinoa, lisa, fève, papas du Pérou
Quinoa, fèves, maïs, papas sur le marché de Chinchero


Dans toutes les maisons, construites souvent en mur de pisée ou "adobe", une petite cour intérieure est réservée à l'élevage de la volaille, du cochon de lait, mais aussi du cochon d'inde ou "cuy" en quéchua . Les indiens apprécient ce petit animal pour sa chair !

Photo de cochons d'Inde au Pérou
Cochons d'Inde dans une maison de Chinchero

Le Macchupichu, cité perdue des Incas Pérou

Nous avons pris le train à Ollantaytambo pour atteindre Aguascalientes à la lisière de la forêt amazonienne (durée 1H30). Un car nous élève jusqu'au site archéologique de Machu- Picchu. Nous sommes à 130 Km à l'Est de Cusco, à une altitude moyenne de 2400 m. C'est une zone subtropicale qui connait un climat tempéré, où l'humidité favorise le développement d'une végétation assez luxuriante. La brume matinale dévoile peu à peu cette citadelle que la forêt pré-amazonienne avait recouverte pendant plusieurs siècles. Ce n'est qu'en 1911 que l'archéologue américain, Hiram Bingham découvrit ce joyau de la civilisation Inca que Francisco Pizarro et les conquérants espagnols cherchèrent en vain dès le XV ème siècle.

Photo du Macchu Pichu au Pérou
Vue générale du site du Macchu Pichu


Il fallut plus de 10 années pour extirper de sa gangue végétale les ruines de cette ville amérindienne. Véritable forteresse préservées des regards malveillants. A dos de lamas, les indiens transportaient depuis Cuzco une terre noire et fertile sur laquelle ils cultivaient la coca et le maïs. Depuis la Tour ronde du Temple du Soleil on a une perspective inoubliable sur la vallée de l'Urubamba et ses abrupts vertigineux qui protégeaient la "cité perdue" de l'intrusion des prédateurs.

Photo de la vallée de l'Urubamba au Pérou
Au fond de la vallée coule l'Urubamba


Sur les terrasses du Macchupichu ("vieille montagne" en Quéchua), l'eau descendait des sommets et coulait dans 16 fontaines, unies par des canaux taillés à même la roche. Dans cette ville du XIV ème siècle devaient vivre un millier d'Incas. Les "Vierges du Soleil" entretenaient les temples et lieux sacrés. Les nombreuses sépultures féminines en témoignent.

Photo du temple aux trois portes à Macchu Pichu au pérou
Le Temple du Soleil et la zone agricole en terrasses


Les Indiens Quéchuas empruntaient la Porte du Soleil lors de leurs déplacements guerriers ou commerciaux. Ils pratiquaient avec succès l'art de la guerre mais ils maîtrisaient parfaitement l'art de la salaison et de la déshydratation des aliments. Ces techniques leur assuraient une nourriture pour toute l'année.

Photo de lama au temple du Soleil à Macchu Pichu
Lama "entretenant" les pelouses du Temple du Soleil !


L'autel du soleil, l'Intihuantana est sculpté au sommet d'un bloc pyramidal. C'est du haut de ce lieu sacré que les grands prêtres et l'Empereur s'adressaient au peuple. C'est aussi de cet emplacement que les savants Incas observaient le Soleil et le ciel.

Photo de l'Intihuantana au Macchu Pichu
L'autel sacré qui ancrait le soleil


La "jeune montagne" ou "huaynapicchu" en quéchua est un impressionnant piton rocheux qui domine tout le Machupichu. Son ascension requiert une certaine endurance car le sentier qui mène à son sommet est très escarpé.

Photo du Huaynapicchu au Pérou
Le Huaynapicchu


Le sanctuaire de Macchu-Picchu fut déclaré en 1983 Patrimoine Culturel et Naturel de l’Humanité par l’UNESCO.

Du col de la Raya aux berges du lac Titicaca au Pérou

De Chincheros, nous revenons sur Cuzco que nous quittons le lendemain pour nous diriger vers le port de Puno, centre régional administratif et historique de l'Altiplano péruvien sur les rives du lac Titicaca.
C'est l'étape de montagne qui va nous conduire à des hauteurs qui peuvent déclencher le mal de l'altitude ou "soroche". Le passage du col de la Raya à 4320 m nous dévoile la majesté de la Cordillère Royale. L'oxygène se fait rare et le moindre mouvement un peu sec et rapide requiert un effort démesuré.

Photo du col de la raya au Pérou
Indienne avec son lama au passage du Col de La Raya


Nous descendons sur Puno et apercevons cette immense mer intérieure qui est 15 fois plus grande que le lac Léman, aussi vaste que la Corse. C'est bien lui, le Lac Titicaca, le "Puma Gris" en dialecte Aymara, dont les profondeurs peuvent atteindre les 25 m. Des camélidés et des ovins paissent tranquillement sur ses berges, des îles émergent à peine de l'eau, la cordillère bolivienne, couverte de neige, se distingue à l'horizon.

Photo du Lac Titicaca et de la Cordillère de Bolivie
Le Titicaca et les Andes de Bolivie enneigées dans le fond


C'est le plus haut lac navigable du monde. A 3812m d'altitude, de vrais navires croisent et pêchent sur une étendue de 8500 km2. On achemine ces bateaux en pièces détachées que l'on assemble sur place au bord du Titicaca.

Photo de navires en construction sur les berges du Titicaca Pérou
Navires en cours d'assemblage sur les berges du Titicaca


La tribu des indiens Uros (qui, au XIII ème siècle avaient fui devant l'arrivée belliqueuse des Incas) vit sur le lac. Ils tressent les joncs qui abondent ici et ils édifient de véritables îles flottantes. Ces îlots artificiels sont amarrés par des cordages à des pieux d'eucalyptus enfoncés dans le lac.

Photo de village flottant sur le Titicaca
Village flottant du Titicaca


Ces roseaux sont une matière première aux multiples usages. Le cœur est comestible, le jonc brûle pour la cuisine, la tige tressée couvrira le toit des maisons ou servira à construire les embarcations (totoras). La masse de cette plante herbacée aquatique sera le plancher flottant mais instable sur lequel vivent et travaillent les habitants. Ces Indiennes Uros n'ont-elles pas le pied marin ?

Photo d'indienne Uros sur le Lac Titicaca au Pérou
Femmes Uros s'approchant des berges du Lac


A bord de ces maisons qui flottent, la vie et les travaux ménagers sont les mêmes qu'à terre. La cuisinière prépare son repas familial dans une marmite posée sur un âtre en terre cuite. Les plats sont à base de poissons du lac, d'oiseaux ou de gibier chassés par les hommes, le tout accompagné généralement de galettes ou tortillas de maïs, arrosé de maté de coca.

Photo d'une cuisinière Uros au Titicaca Pérou
Indienne Uros préparant une cuisine traditionnelle

Les salines de Maras au Pérou

Nous avons quitté le site du Macchu Picchu par le car puis par le petit train jusqu'à Ollantaytambo. C'est dans cette forteresse dédiée au Soleil que, en 1536, l'empereur Inca, Manco Capac, résista aux conquistadors espagnols, avant d'être assassiné en 1545 par Diego de Almagro.

Photo du temple du Soleil à Ollantaytambo Pérou
Temple-Forteresse du Soleil à Ollantaytambo


Nous arrivons dans le pays de la tribu des Maras qui, avant d'être assujettis par les Incas, exploitaient les ressources naturelles de sel de cette vallée encaissée (= quebrada en espagnol). Depuis des siècles, les familles indiennes de la région, se transmettent par héritage, ces milliers de bassins où se dépose ce bien si précieux qu'est le sel gemme.

Du haut de la falaise, située au cœur de la "Vallée sacrée des Incas", les quelques 4000 bassins ne sont que de petites tâches blanches qui scintillent au soleil de la cordillère !

Panorama des salines de Maras au Pérou
Les salines de Maras


On aperçoit plus nettement cette mosaïque de petits étangs qui sont alimentés par une eau saline qui sourd de la montagne à une température moyenne de 25°C. De petits canaux la dirigent sur chacun des bassins. L'eau s'évaporant, une fleur de sel se dépose que les indiens, viendront récolter le moment venu. La fleur est destinée à l'alimentation du bétail, le sel cristallisé ira à la consommation humaine.

Photo des bassins de Maras au Pérou
Chaque bassin est clos par des terre-pleins
qui communiquent entre eux


Les indiens s'activent quotidiennement sur ces salines. Ils revendront le sel à une coopérative pour quelques "soles" péruviens.

Photo d'indiens allant à la saline de Maras
Famille d'indiens au bord des salines


Le travail y est harassant, souvent sans sandales, le dos courbé pendant des heures, les indiens pataugent dans une eau agressive. Le sel, matière première aussi précieuse que l'or, fut l'objet de terribles convoitises du temps des Incas. Il contribuait à la bonne conservation des aliments.

Photo d'indienne travaillant dans les salines
Indienne travaillant dans les salines


On devine, perdu dans l'étendu des bassins, un indien travaillant laborieusement sur un des étangs de la saline de Maras.

Photo d'un travailleur indien sur la saline à Maras au Pérou
Indien récoltant le sel de la saline de Maras

La maca gingembre de l'Amérique andine

Les Conquistadors Espagnols sont dans les Andes péruviennes et boliviennes depuis 1552. Ce n'est que cent ans plus tard, que le Père dominicain Juan Cobo signale, dans son livre, Histoire du Nouveau Monde, l'existence d'une plante connue par les Indigènes sous le nom de Maca. Il nous apprend que les racines de la Maca sont comestibles. Il semble que les Empereurs Incas attribuaient à cette tubercule des vertus qui redonnaient résistance et force aux hommes. C'est pour cela qu'ils gratifiaient les guerriers, les messagers ou les coursiers, partant en mission, de quelques racines de Maca.

Cette tubercule proche du radis par sa forme et du cresson par son feuillage, est une plante héroïque ! Elle est la seule à pousser sur les hauts plateaux de la Cordillère des Andes à 4000 mètres d'altitude. La Maca, parent plus robuste que la pomme de terre, brave l'âpreté du froid andin, les gelées intenses de la nuit, le vent violent qui balaie la Puna et le soleil cinglant qui dessèche tout.

.Photo maca du Pérou
Crédit photo "Arequipa - Markt San Camillo" par Minasanor
Licence CC


Les archéologues nous apprennent qu'elle est consommée par les peuples des Andes depuis 5000 ans ! Elle est décidément la plante de tous les records!
Vivace, hermaphrodite et autopollinisante, elle vit au ras du sol, pour mieux se protéger de la rudesse climatique.
Ce don divin que le ciel a fait aux Indiens est, pour eux, une ressource alimentaire qu'ils déclinent sous toutes formes culinaires. C'est une boisson ou "maca chicha" lorsqu'ils la font fermenter. C'est une bouillie parfumée, la "mazamorra", lorsqu'ils l'écrasent et la cuisent. C'est un légume qu'ils mangent cru ou qu'ils font sécher pour la consommer des mois plus tard !
Cette formidable source d'énergie a la forme d'une poire sauvage, rustique, qui oscille entre le jaune et le mauve.
Si les camélidés, lamas, alpacas, vigognes, apprécient également cette plante magique, les hommes de notre époque, loin de la délaisser, lui confèrent de qualités innombrables.

On dit qu'en la consommant, régulièrement, sous forme de gélules, de comprimés ou fraîche, elle favorise la fertilité, combat le désordre hormonal, accroît la mémoire, accentue l'énergie et atténue la fatigue.

vertus maca pérou
Crédit photo Maca du Pérou Julia Manzerova
Licence CC


Plante aux vertus aphrodisiaques, la Maca n'aurait aucun effet néfaste sur l'organisme et serait aussi bien utiles aux femmes qu'aux hommes. Elle doit sa tonicité aux protéines, acides aminés, fibres, vitamines et minéraux qu'elle contient.

Naviguer sur le lac Titicaca au Pérou

Le trafic sur le lac Titicaca est, selon les saisons, plus ou moins dense. Il est cependant rythmé par la vie quotidienne des îliens qui vivent du lac par la nourriture qu'il leur procure et ils vivent aussi du lac qui est un lieu de visites touristiques.
Cette mer andine est avant tout un garde manger pour les Indiens. Les poissons, jadis très variés, ont subi l'hégémonie vorace des truites que l'on a introduites dans ses eaux. La truite criolla est à présent le plat incontournable.
Le moyen de locomotion le plus répandu est la petite barque en roseau tressé ou totora. Chaque famille indienne en possède au moins une qu'elle utilise plusieurs fois par jour.

Photo d'Indiens Uros sur une totora au Titicaca
Couple d'indiens navigant sur la totora


D'autres se déplacent sur de minuscules radeaux de roseaux dont l'équilibre n'est pas très fiable. Mais ces indiennes sont nées sur ces lieux où l'instabilité de ce sol végétal n'est pas un handicap pour elles.

Photo d'indiennes ramant sur un radeau au Titicaca
Indiennes ramant sur un minuscule radeau de roseau


Les barques en bois construites par les charpentiers locaux sont aussi un moyen rapide de déplacements. Les habitantes s'y sont vite accoutumées. Elles côtoient les totoras à deux coques, tels des catamarans andins ! , qui promènent les touristes sur le lac Titicaca.

Photo de barques en bois et de doubles totoras au Titicaca
Barques en bois et totoras en roseaux


La totora traditionnelle présente une proue arrondie qui évite tout accostage agressif. L'épaisseur des couches de joncs est un gage d'étanchéité.

Photo de la proue des totoras du lac Titicaca
Proue de totoras


Les grandes embarcations de roseaux ou doubles totoras permettent aux visiteurs de sillonner le lac. Elles assurent les liaisons d'un village à l'autre.

Photo de totoras pour touristes du lac Titicaca
Grande totora pour transporter les touristes


Ramer ou godiller? C'était là mon interrogation! Alors pourquoi ne pas m'y essayer? ... Pas si facile que ça, mais on y arrive !

Photo de totora avec son pilote rameur
Vue des maisons flottantes depuis une totora

De l'île Amantani à l'île de Taquile Lac Titicaca Pérou

Après avoir laissé les indiens Uros sur leurs îles flottantes, nous avons embarqué au petit port de Puno sur les berges du Lac Titicaca pour aller accoster sur deux îles au large, celle d'Amantani puis celle de Taquile. C'est en s'enfonçant dans le Lac que l'on prend la mesure des montagnes démesurées de la Cordillera Real. Cette mer des Andes renvoie aux plus hauts sommets le miroir de leurs cimes. La douceur relative qu'apporte la présence d'une telle masse d'eau favorise par son écosystème, une végétation digne d'un climat tempéré. On y trouve des plantes grasses, des eucalyptus mais également l'éternelle Kantuta, fleur nationale du Pérou .

Photo île Taquile du titicaca Pérou
Sur les pentes de Taquile, regard sur la Cordillère Royale


Amantani est peuplée de quelques 4000 habitants, sur Taquile on en compte à peine 2000. Mais la vie, si elle est plus aisée depuis le développement du tourisme, n'en demeure pas moins rude. Les tâches ménagères, les approvisionnements, les travaux agricoles exigent une énergie sans pareille. En effet, à une altitude frôlant les 4000 mètres, sur des territoires souvent très pentus, le corps humain est fortement sollicité.

 Photo d'un porteur Indien de Taquile
Porteur Indien de Taquile avec un lourd fardeau !

Les indiens portent sur leur dos des charges de plus de 40 kg. Ils remontent bouteille de gaz, provisions, matériels, depuis les minuscules ports jusqu'aux villages perchés sur les hauteurs des îles. Ils gèrent méthodiquement l'ascension, ce que nous autres, gens du bord de mer, ne savons et ne pouvons pas faire !

Pour nous, la montée depuis le débarcadère jusqu'à l'entrée du village fut plus laborieuse, alors que nous n'étions pas chargés comme l'Indien que nous avons rencontré !

Photo de l'île de Taquile
Sur les pentes de l'ïle de Taquile


L'accueil chez l'habitant est très chaleureux, la simplicité de la cuisine est à l'image de la vie rurale de ces îliens de l'Altiplano.

Photo d'une cuisinière à Amantani Pérou
La cuisinière d'Amantani nous prépare un repas traditionnel


La soirée passée chez les Indiens d'Amantani fut ponctuée de chants et de danses auxquelles ils nous convièrent volontiers. La tradition musicale des Andes date de l'époque précolombienne. Les temps forts des croyances religieuses ainsi que les moments importants de l'année agricole étaient toujours accompagnés de chants et de musique à caractères religieux. La quena, ou flûte indienne sans bec, le bombo, ou tambour, la zampona ou flûte de pan, le charango ou petite guitare, restent les instruments de base des musiciens des Andes.

Photo de musiciens des Andes
Musiciens d'Amantani avec quena, bombo, charango et zampona


Un coucher de soleil à cette altitude est une invite à la méditation ! Le ciel s'embrase et le feu rougeoyant se reflète dans les eaux calmes du lac Titicaca.

Photo du coucher de soleil au Titicaca
Spectacle grandiose du coucher du Roi Soleil au Titicaca !

Du Pérou à la Bolivie

Nous avons laissé le Lac Titicaca et les îles péruviennes de Taquilé et d'Amantani pour nous diriger vers la Bolivie. Nous passons la frontière à la ville de Desaguedero. Nous parcourons, avec nos bagages à la main, les 150 mètres de la zone du no man's land pour entrer en Bolivie.

Photo de Desaguedero frontière Pérou Bolivie
Passage de la Frontière Pérou Bolivie à Desaguedero


Altitude 3800mètres, 20 km du lac Titicaca, température agréable, temps très sec, pas un nuage ! Nous voilà sur le site bolivien de Tihuanaco ou Tiwanaku. La légende nous raconte que les Incas et, avant eux, les Aymaras, vénéraient le Dieu céleste, créateur du monde, Viracocha. C'est l'endroit majeur de l'histoire des amérindiens. La porte monolithique du temple du soleil reste une énigme technique,(son poids est estimé à 44 T), tout comme les statues anthropomorphes sculptées dans l'andésite, (=la roche volcanique).

Photo de la Porte du soleil Kalasasaya Tiwanaku Bolivie
Porte du temple du Soleil Kalasasaya, site de Tihuanaco


Alignements de 175 têtes et visages sur le mur du petit Temple, (=Templete en espagnol)que l'on a découvert, semi enterré. Ces sculptures ne seraient-elles pas la représentation des soldats vaincus par les Incas dont ils exposeraient publiquement les portraits, en guise de trophées ?

Photo de statues anthropomorphes du temple du Soleil à Tihuanaco
Têtes sculptées du Templete à Tihuanaco


Nous grimpons encore pour atteindre le col de Llocolloco qui culmine à 4128 mètres. Superbe vue sur l'Altiplano bolivien et sur la Cordillère Royale dont les plus hauts sommets sont couverts de neige.

Photo du col du Llocolloco en Bolivie
Passage au col de Llocolloco et
vue sur la Chaîne des Andes de Bolivie


Sur le sol aride du plateau andin, un paysan laboure son lopin de terre. Il égratigne le sol avec un soc en bois que tire péniblement une paire de bœufs.

Photo d'un paysan des Andes de Bolivie
Paysan ou Péon bolivien labourant son champ


Sur des kilomètres, le désert des hauts plateaux. On y rencontre des Indiens, sortis de nulle part, qui cheminent le long de la route, rentrant d'une harassante journée de labeur. A ces altitudes, le corps humain fatigue beaucoup plus qu'au bord de mer. Ceux-là n'ont pas le mal de l'altitude ou soroche qui sévit chez les voyageurs de la plaine. Leurs outils ancestraux : une houe, une pioche et dans un baluchon quelques feuilles de coca qu'ils mastiquent en guise de trompe la faim, voilà leurs seules richesses !

Photo de paysans indiens de Bolivie
Péones ou paysans de retour des champs


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