Ce matin, le rendez vous est pris avec Claire Philipczyk pour une initiation à la marche afghane. Un autre nom de la marche nordique qui fait de plus en plus d'adeptes ? Pas du tout, la marche afghane est une activité à part entière, inspirée du procédé utilisé par les chameliers nomades afghans qui, grâce à cette technique, parcourent jusqu'à 60 km par jour sur les hauts plateaux. C'est Edouard Stiegler qui en reprit le premier le principe : la synchronisation de la respiration avec les pas selon un rythme qui varie avec le terrain.
Compte tenu de l'enneigement, nous effectuerons la séance en raquettes, mais la marche afghane est avant toute une discipline pédestre. L'exercice se fera sur les hauteurs de Taninges à quelques kilomètres de Samoëns. Premières bases : la respiration se fait uniquement par le nez pour, non seulement réchauffer l'air et le filtrer, mais aussi pour capter l'énergie vitale (Qi en Chine, Prâna en Inde ou Pneuma en Grèce) chère à certains systèmes de croyances. Plus on inspire lentement et en conscience, plus on capte cette énergie grâce aux récepteurs situés à la base du nez, au niveau des sinus. Enfin, une respiration lente et longue apporte détente et relaxation en stimulant le système nerveux parasympathique.
1,2,3 1,2,3 montée douce en forêt, la concentration est maximale !
Nous commençons par nous familiariser avec le rythme spécifique à la montée : rythme 3/3, 2/2 ou 1/1, c'est à dire que l'on inspire sur 3 pas et on expire sur 3 pas, puis on recommence un cycle. Plus le terrain monte et moins on peut faire de pas à l'expir et à l'inspir, quand la pente est raide le rythme 1/1 est le meilleur. Ce rythme évite l'accélération cardiaque. Le but du jeu est de conserver la même vitesse tout le long de la montée (normalement, on arrive sans essoufflement en haut). La technique permet de marcher longtemps, loin et sans se fatiguer ! En pratique, l'apprentissage demande beaucoup de concentration, le comptage des pas est indispensable. Du coup, plus question de laisser le mental prendre le dessus, il faut être dans l'instant présent.
Petit exercice pour ressentir l'ancrage des pieds dans le sol
à droite, Claire Philipcsyk
Sur terrain plat ou légèrement en pente, nous passons au rythme de base de la marche afghane : 3/1 3/1. Inspiration sur 3 pas, blocage poumons pleins sur 1 pas, expiration sur 3 pas, blocage poumons vides sur 1 pas. Ce rythme invite à suroxygéner l'organisme, il relance la circulation sanguine et aurait même des effets "brûleur de graisse". Le temps de pause poumons vides permet un apaisement cardiaque. C'est un rythme que l'on pourrait tout à fait adopter en ville au quotidien. A l'inverse en montée, la rétention d'air n'est pas recommandée, ce rythme n'est pas adapté.
Sur terrain plat voire plutôt descendant, nous passons au rythme 4/6 (inspiration sur 4 pas, expiration sur 6 pas). Ce rythme peut être diminué en 3/5 ou augmenté en 5/7 selon la forme de chacun mais il faut toujours garder 2 temps de différence entre l'inspir et l'expir. C'est un rythme qui augmente encore la suroxygénation. On l'applique en prévention d'une côte, avant une montée pour la rendre plus accessible (en rythme 3/3 2/2 ou 1/1) ou après cette côte pour récupérer plus facilement.
La nature sous la neige
La technique de la marche afghane s'inspire de la respiration complète du yoga et de la marche consciente (prendre conscience de la façon dont on respire en fonction des mouvements que l'on fait). Elle est aussi appelée "marche méditative" puisqu'elle est source de bien être et de détente, elle permet de redécouvrir ses sensations, de solliciter les 5 sens.
Le paysage invite aussi à la détente
L'activité, quelque peu insolite, s'adresse à toute les personnes désirant reprendre une activité sportive en douceur ou cherchant une activité de plein air relaxante. Aucune condition physique particulière n'est requise. Une initiation en compagnie d'un professionnel est fortement conseillée pour acquérir de bonnes bases. La pratique peut ensuite s'effectuer seule ou en groupe, les automatismes s'acquièrent avec le temps. C'est certainement une des nouvelles tendances montagne 2010 !
Claire est accompagnatrice en montagne et formée au shiatsu, au Qi Gong, à l'ostéopathie fluidique et en Sensoriel® au sein de l'ARTEC (Académie de Recherches des Techniques Educatives Corporelles) où elle a obtenu son Certificat d'aptitude en « Art du toucher et en relation d'aide ».
Pour plus de renseignements ou pour vous inscrire à une randonnée sur Samoëns ou sur Taninges, contactez Claire PHILIPCZYK au 06.72.62.24.64 ou sur
www.nature-quintessence.fr
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