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Macca Bolivienne et Péruvienne

La maca gingembre de l'Amérique andine

Les Conquistadors Espagnols sont dans les Andes péruviennes et boliviennes depuis 1552.

Ce n'est que cent ans plus tard, que le Père dominicain Juan Cobo signale, dans son livre, Histoire du Nouveau Monde, l'existence d'une plante connue par les Indigènes sous le nom de Maca.

Il nous apprend que les racines de la Maca sont comestibles.

Il semble que les Empereurs Incas attribuaient à cette tubercule des vertus qui redonnaient résistance et force aux hommes.

C'est pour cela qu'ils gratifiaient les guerriers, les messagers ou les coursiers, partant en mission, de quelques racines de Maca.

Cette tubercule proche du radis par sa forme et du cresson par son feuillage, est une plante héroïque !

Elle est la seule à pousser sur les hauts plateaux de la Cordillère des Andes à 4000 mètres d'altitude. La Maca, parent plus robuste que la pomme de terre, brave l'âpreté du froid andin, les gelées intenses de la nuit, le vent violent qui balaie la Puna et le soleil cinglant qui dessèche tout.

.Photo maca du Pérou
Crédit photo "Arequipa - Markt San Camillo" par Minasanor
Licence CC


Les archéologues nous apprennent qu'elle est consommée par les peuples des Andes depuis 5000 ans ! Elle est décidément la plante de tous les records!
Vivace, hermaphrodite et autopollinisante, elle vit au ras du sol, pour mieux se protéger de la rudesse climatique.
Ce don divin que le ciel a fait aux Indiens est, pour eux, une ressource alimentaire qu'ils déclinent sous toutes formes culinaires. C'est une boisson ou "maca chicha" lorsqu'ils la font fermenter. C'est une bouillie parfumée, la "mazamorra", lorsqu'ils l'écrasent et la cuisent. C'est un légume qu'ils mangent cru ou qu'ils font sécher pour la consommer des mois plus tard !
Cette formidable source d'énergie a la forme d'une poire sauvage, rustique, qui oscille entre le jaune et le mauve.
Si les camélidés, lamas, alpacas, vigognes, apprécient également cette plante magique, les hommes de notre époque, loin de la délaisser, lui confèrent de qualités innombrables.

On dit qu'en la consommant, régulièrement, sous forme de gélules, de comprimés ou fraîche, elle favorise la fertilité, combat le désordre hormonal, accroît la mémoire, accentue l'énergie et atténue la fatigue.

vertus maca pérou
Crédit photo Maca du Pérou Julia Manzerova
Licence CC


Plante aux vertus aphrodisiaques, la Maca n'aurait aucun effet néfaste sur l'organisme et serait aussi bien utiles aux femmes qu'aux hommes. Elle doit sa tonicité aux protéines, acides aminés, fibres, vitamines et minéraux qu'elle contient.
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Altiplano Pérou

De Chincheros, nous revenons sur Cuzco que nous quittons le lendemain pour nous diriger vers le port de Puno, centre régional administratif et historique de l'Altiplano péruvien sur les rives du lac Titicaca.

C'est l'étape de montagne qui va nous conduire à des hauteurs qui peuvent déclencher le mal de l'altitude ou "soroche".

Le passage du col de la Raya à 4320 m nous dévoile la majesté de la Cordillère Royale.

L'oxygène se fait rare et le moindre mouvement un peu sec et rapide requiert un effort démesuré.

Nous descendons sur Puno et apercevons cette immense mer intérieure qui est 15 fois plus grande que le lac Léman, aussi vaste que la Corse.

C'est bien lui, le Lac Titicaca, le "Puma Gris" en dialecte Aymara, dont les profondeurs peuvent atteindre les 25 m.

Des camélidés et des ovins paissent tranquillement sur ses berges, des îles émergent à peine de l'eau, la cordillère bolivienne, couverte de neige, se distingue à l'horizon.

Photo du col de la raya au Pérou
Indienne avec son lama au passage du Col de La Raya


Photo du Lac Titicaca et de la Cordillère de Bolivie
Le Titicaca et les Andes de Bolivie enneigées dans le fond


C'est le plus haut lac navigable du monde. A 3812m d'altitude, de vrais navires croisent et pêchent sur une étendue de 8500 km2. On achemine ces bateaux en pièces détachées que l'on assemble sur place au bord du Titicaca.

Photo de navires en construction sur les berges du Titicaca Pérou
Navires en cours d'assemblage sur les berges du Titicaca


La tribu des indiens Uros (qui, au XIII ème siècle avaient fui devant l'arrivée belliqueuse des Incas) vit sur le lac. Ils tressent les joncs qui abondent ici et ils édifient de véritables îles flottantes. Ces îlots artificiels sont amarrés par des cordages à des pieux d'eucalyptus enfoncés dans le lac.

Photo de village flottant sur le Titicaca
Village flottant du Titicaca


Ces roseaux sont une matière première aux multiples usages. Le cœur est comestible, le jonc brûle pour la cuisine, la tige tressée couvrira le toit des maisons ou servira à construire les embarcations (totoras). La masse de cette plante herbacée aquatique sera le plancher flottant mais instable sur lequel vivent et travaillent les habitants. Ces Indiennes Uros n'ont-elles pas le pied marin ?

Photo d'indienne Uros sur le Lac Titicaca au Pérou
Femmes Uros s'approchant des berges du Lac


A bord de ces maisons qui flottent, la vie et les travaux ménagers sont les mêmes qu'à terre. La cuisinière prépare son repas familial dans une marmite posée sur un âtre en terre cuite. Les plats sont à base de poissons du lac, d'oiseaux ou de gibier chassés par les hommes, le tout accompagné généralement de galettes ou tortillas de maïs, arrosé de maté de coca.

Photo d'une cuisinière Uros au Titicaca Pérou
Indienne Uros préparant une cuisine traditionnelle

Circuit touristique dans le désert

La piste chaotique qui va nous conduire de Potosi jusqu'au désert de Siloli nous offre des paysages hallucinants, des couleurs irréelles. Nous avons l'impression d'abandonner peu à peu notre bonne vieille Terre pour arriver sur une autre planète. A 4700 mètres d'altitude, ce désert de cendres et de sable avec ses dégradés d'ocre nous enchante et nous fascine.

Photo de l'arbre de pierre à Siloli Bolivie
Arbre de pierre dans le désert de Siloli


Nous avons posé devant cet "arbre de pierre" qui inspira le peintre catalan Salvador Dali et qu'il fixa sur une de ses toiles. Les 6 mètres de cet édifice que les glaciers et le gel ont usé, ciselé, sculpté au cours de millions d'années rendent compte du travail titanesque de l'érosion.

Photo champignon de pierre du désert de Siloli Bolivie
Pose devant un champignon de pierre de Siloli


Les touristes que nous sommes se sentent bien fragiles face à cette prodigieuse aventure géologique. D'autant que la vie animale, dans ces plateaux lunaires, est bien présente. C'est sur un des ces rochers chauffés par le soleil de l'Altiplano que le lapin des Andes ou vizcacha vient prendre quelques calories qui lui seront fort utiles lorsque viendra la nuit et qu'il gèlera à pierre fendre.

Photo de viscache à Siloli Bolivie
La viscache se dorant au soleil de l'Altiplano


La yareta prouve qu'une vie végétale est ici possible malgré un climat hostile. On l'a rencontrée, cette herbe, aussi dure que le rocher sur lequel elle a élu domicile il y a déjà des centaines d'années ! Ce coussin d'une texture compacte et d'un vert moelleux grandit au rythme de quelques millimètres par an. Les Indiens l'utilisent parfois comme combustible.

Photo d'une yareta dans le désert de Siloli Bolivie
Yareta dans le désert de Siloli


Les camélidés sont les maîtres des lieux ! Ils arpentent la Puna bolivienne, se contentant d'une maigre pitance. Les vigognes et alpagas tolèrent la présence de ces touristes qui font intrusion sur leurs territoires ancestraux !

Photo de Vigogne à Siloli Bolivie
Vigogne sur ses gardes !


L'alpaga semble plus enclin à nous accompagner sur la piste ! Mais attention, derrière cette allure bonhomme, l'animal peut se montrer plus vindicatif s'il se sent importuné !

Photo d'un alpaga en Bolivie
Alpaga sorti de nulle part !

Oiseaux migrateurs

Sur la route bolivienne des déserts blancs du Sud Lipez, près de la frontière avec le Chili, les systèmes volcaniques andins génèrent à leurs pieds, des lagunes dont les configurations salines et soufrées varient sensiblement les unes des autres.

Les roches, les minéraux, la structure du sol, l'altitude, la déclivité et le degré hygrométrique souvent bas, personnalisent ces étendues d'eau.

La Lagune Colorada se trouve dans la réserve nationale de faune andine Eduardo Abaroa (colonel héros bolivien de la Guerre du Pacifique), sur l'altiplano bolivien.

Elle couvre une surface de 60 km² et sa profondeur moyenne est de 35 centimètres.

Certains de ses îlots contiennent du borax.

Les sédiments volcaniques de couleur rouge et la pigmentation de certaines algues qui ont colonisé ce lac ont fini par colorer les eaux, dans des tons qui vont du rouge le plus intense jusqu'au marron clair.

Photo de la Laguna colorada Bolivie
Le lac rose ou Laguna colorada


Photo de flamants et vigognes Lagune Colorada en Bolivie
Flamants roses et Vigognes au bord de la Lagune Colorada


Les lagunes sont d'excellents lieux de reproduction pour les flamants des Andes. Ces très beaux oiseaux migrateurs que l'on estime au nombre de 40 000, fouillent inlassablement ces eaux riches en minéraux. Ils cohabitent volontiers avec les guanacos et les vigognes sauvages.

Voisine de la Laguna Colorada, voici la Laguna Verde. Elle est à la base du volcan Licancabúr. La couleur vert émeraude de son eau est due à une forte concentration en magnésium. Ce petit lac vert est balayé par le vent glacial qui, descendant du volcan, crée des vagues et soulève une écume blanchâtre qui vient ourler les berges de la Laguna Verde.

Photo de la laguna verde en Bolivie
Laguna Verde au pied du volcan Licancabúr


Les flamants andins ou chiliens aiment qu'on les photographie, ils adorent prendre la pose, de vrais artistes, d'autres nous ignorent !

Photo de flamant andin en Bolivie
Ce flamant andin se repose


D'instinct grégaire, les flamants vivent en colonies et ne redoutent pas la promiscuité de l'Altiplano. L'espace est si vaste et les conditions climatiques si rigoureuses que seules quelques espèces d'oiseaux parviennent à s'acclimater au dessus des 4000 mètres. La sélection naturelle est ici opérationnelle plus qu'ailleurs.

Photo d'une colonie de Flamants roses en Bolivie
Colonie de Flamants roses sur la Lagune


Est-ce l'altitude, le soroche ou mal des montagnes, la fatigue, le soleil ? Mais, où suis-je donc ? Que fais-je ? Qu'attends-je ?
Je suis en Bolivie, près de la frontière, sur la voie ferrée qui reliait les mines du Potosi en Bolivie au port d'Antofagasta. Jadis bolivien, ce port devint chilien au cours de la Guerre du Pacifique (1879-1884) entre le Pérou, le Chili et la Bolivie. Cette dernière a perdu, depuis ce conflit, tout accès à l'océan Pacifique.

Photo de la voie ferrée andine Bolivie-Chili
Voie ferrée des mines de Bolivie vers le Chili


Voici les principales Lagunes de l'Altiplano bolivien :
  • La laguna Colorada
  • La laguna Verde
  • La Laguna Blanca
  • La Laguna Salada
  • La Laguna Honda (= profonde)
  • La Laguna Kanapa
  • La Laguna Hedionda (=nauséabonde)

Reportage fotos Pérou

Sur le marché de Pisac affluent les produits de l'agriculture locale. Tous les fruits et légumes qui poussent dans les hautes vallées andines se retrouvent ici, dans ce village rural à 3 000 mètres d'altitude. Le paysan indien cultive méticuleusement son lopin de terre. Les moyens techniques dont il dispose sont très archaïques. La production est fort modeste. Depuis 1972, une réforme agraire a rendu en partie la terre ancestrale, propriété des grandes fermes ou "haciendas" foncières, aux communautés indiennes constituées en coopératives agricoles.
Photo d'indiennes des Andes à Pisac
Paysannes de Pisac vendant leurs productions de fruits et légumes


On vient ici pour acheter chevreaux, porcelets, volailles que l'on élèvera dans la cour commune du hameau. Quant aux visiteurs, ils n'ont que l'embarras du choix pour rapporter des sacs, des "ponchos", des couvertures patiemment tissées par les indiennes dans leur communauté.

Photo d'une indienne avec son chevreau
Petite Indienne de Pisac veillant sur son chevreau


Les indiens du Pérou comme leurs frères de Bolivie et des autres pays andins sont très attachés à leurs coutumes. Ils portent fièrement le costume et tous les attributs traditionnels : chapeaux de feutre emblème national du peuple indien (= sombrero hongo), bonnet de laine, poncho ou "manta" et sandales en cuir de lama.
Cet indien continue à parler le quéchua, sa langue natale et s'habille comme étaient vêtus ses ancêtres Incas.

Photo d'un vieil indien de Pisac au Pérou
Indien au visage buriné par le vent et le soleil
de la cordillère des Andes


Les indiennes tissent des toiles couvertes de motifs animaliers (le lama, le jaguar, le serpent). Animaux sacrés du panthéon religieux qui sont depuis toujours, profondément respectés par les amérindiens. On y trouve aussi la représentation du dieu créateur : Viracocha, divinité inca de la pluie qui créa près du Lac Titicaca, le soleil, la lune, les étoiles, puis les tribus indiennes des Andes et enfin le reste du monde.

Photo de toiles du Pérou
Tissus en laine de lamas teintés
de colorants végétaux


Les femmes indiennes, comme les hommes, restent fidèles au costume traditionnel. Elles agrémentent parfois leur chapeau de la "Cantuta", fleur nationale, emblème du Pérou. Cette fleur rouge, blanche ou jaune, dédiée au roi soleil est portée par les femmes célibataires. Parfois, la "Cantuta" accompagne le mort dans sa sépulture, elle apaisera sa soif. On la trouve aussi accrochée à la porte de la maison, c'est un signe ostentatoire d'hospitalité indienne.

Photo d'une indienne en costume du Pérou
Indienne de Pisac arborant la Cantatuta sur son chapeau


Autrefois, les indiens pratiquaient les cultures en terrasses au pied du Temple du Soleil, sur les collines de Pisac. Il n'en est rien actuellement. Un projet de recherche agronomique tente cependant d'étudier la croissance de certains végétaux en fonction de leur emplacement sur les terrasses.

Photo des terrasses au temple du soleil à Pisac
Le site de Pisac