L'intolérance aux protéines de lait de vache (IPLV) est une allergie alimentaire qui apparait le plus souvent entre 3 et 5 mois ou au moment de l'arrêt de l'allaitement maternel. Elle est d'origine héréditaire. Le seul traitement possible est l'éviction totale des protéines du lait de vache sous toutes ses formes (lait maternisé, laitages, fromage, médicaments, cosmétiques). En cas d'apparition pendant l'allaitement maternel, la maman doit, elle aussi, éliminer de son alimentation tous les apports en lait de vache.
Les
symptômes les plus fréquents sont de 3 types :
- cutanés : dermatite atopique, eczéma, urticaire
- digestifs : diarrhée, reflux gastro oesophagien, oesophagite, troubles de la croissance, anorexie ou constipation)
- respiratoire : sifflements, rhinite
Ils ne sont malheureusement pas tous synonymes d'IPLV et cela retarde parfois le diagnostic.
Le lait contient plus de 30 protéines. Les plus allergisantes sont la caséine et les protéines du lactosérum (bêtalactoglobuline, lactalbumine). Le
traitement consiste à supprimer de l'alimentation toutes les protéines incriminées. Chez le nourrisson, il faut remplacer son lait maternisé par ce que l'on appelle un hydrolysat de protéines de lait (cela se présente sous la même forme qu'un lait en poudre pour bébé mais à l'inconvénient d'avoir un goût amer très prononcé et de modifier la consistance des selles qui deviendront plus liquides). Dans les allergies les plus fortes, une réaction à ces hydrolysats est possible, il faut alors les remplacer par une boisson aux acides aminés de synthèse.
Quand la diversification a commencé (introduction d'autres aliments que le lait), il faudra bien veiller à supprimer toutes les protéines de lait de vache présentes dans l'alimentation (farine, desserts...). Ces protéines sont nommées différemment selon les fabricants, on les retrouve sous forme de lait, protéines de lait, protéines de lactosérum de lait, caséine de lait, caséinate de lait, lactalbumine de lait, lactose de lait, margarine, crème, beurre. Les médicaments et les cosmétiques sont aussi sources d'allergie.
Exemples de
médicaments destinés aux enfants et contenant des protéines de lait de vache : Baume premières dents (lactoprotéines), Lactéol (lactosérum), Maxilase (lactoglobulines). Le lactose peut lui aussi contenir des traces de protéines suffisantes pour déclencher une allergie chez une personne très allergique (certains médicaments anti-asthmatiques peuvent en contenir : Foradil, Spiriva, ...). Les
cosmétiques utilisés pour la toilette des bébés (lait de toilette, gel lavant, shampooing, crème, ...) peuvent également contenir des protéines de lait.
Des allergies croisées avec le lait d'autres mammifères comme la chèvre (lait de chèvre), le cheval (lait de jument), l'âne (lait d'ânesse) sont fréquentes. Le lait de soja n'est pas non plus recommandé en substitution car très allergisant lui aussi et potentiellement responsable de désordre hormonaux.
Le diagnostic est réalisé par un test d'éviction (suppression du lait incriminé) pendant un mois. Si les symptômes disparaissent puis réapparaissent à la réintroduction, l'allergie est confirmée. Des pricks tests chez l'allergologue (tests cutanés) sont parfois demandés, le patch (Diallertest) n'est que peu sensible, une prise de sang à la recherche des marqueurs sanguins de l'allergie peut s'avérer utile.
La tolérance des protéines lactées s'acquiert en général avant l'âge de 3 ans mais l'enfant aura un terrain favorable au développement d'autres allergies alimentaires (blanc d'œuf, arachide), à l'asthme et aux rhinites allergiques.
Exemple de laits prescrits dans le cadre d'une intolérance aux protéines de lait de vache :
- protéines hydrolysées du lactoséruum (Pepti junior, Alfaré)
- protéines hydrolysées de caséine (Nutramigen, Pregestimil, Galliagène progress, Novalac allernova)
- préparations à base de protéines de riz (Modilac expert riz) sans lactose
- acides aminés de synthèse (Néocate) en cas d'échec des précédents
La réintroduction du lait se fait au minimum après 6 mois et de façon très prudente pour éviter les chocs anaphylactiques (réaction allergique extrême), elle se fait souvent en milieu hospitalier.
Chez les nourrissons allergiques, on retarde d'1 ou 2 mois la diversification alimentaire pour ne pas multiplier les risques allergiques.
Voici un lien intéressant vers un site qui liste les aliments autorisés et interdits en cas d'allergie aux protéines de lait de vache :
Cercle d'Investigations Cliniques et Biologiques en Allergologie Alimentaire. On y trouve également des recettes sans lait ou sans oeufs, sans farine de blé...
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