La constipation est définie par un nombre de selles d'une fréquence inférieure à 3 par semaine chez l'adulte. En pratique, on peut aussi retrouver une fréquence normale (de 3 selles par jour à 3 selles par semaine) mais avec une sensation d'évacuation incomplète ou des difficultés d'exonération (efforts de poussée).
La constipation peut être occasionnelle (ou fonctionnelle) en cas de changements d'habitudes alimentaires, de voyage, d'alitement... Elle peut aussi être secondaire à la prise de médicaments (morphiniques comme les anti-tussifs, les anti-anémiques ferreux, les neuroleptiques...), due à une maladie endocrinienne (Parkinson, sclérose en plaque, hyperthyroïdie) ou organique (occasionnée par un obstacle sur le gros intestin : adénome prostatique, diverticule, fibrome, grossesse...).
La constipation chronique est celle entretenue par une alimentation déséquilibrée laissant peu de déchets dans les intestins, favorisée par des repas trop rapides, avec peu de boisson et peu d'activité physique (et donc un affaiblissement de la sangle abdominale).
Conseils hygiéno-diététiques (non médicamenteux) :
- boire suffisamment (1,5 litre par jour), de préférence une eau riche en magnésium (à boire par la maman en cas de constipation d'un bébé allaité)
- éviter les aliments qui ralentissent le transit : céleri, radis, viande en sauce, œufs frits, frites, fromages fermentés, bananes, riz, chocolat
- manger des fibres végétales, elles ont un pouvoir hydrophile qui permet d'augmenter le volume des selles : épinards, salade, haricots verts, pommes, raisins secs, pruneaux, figues, huile d'olive, céréales...
- éducation du côlon : se présenter à la selle calmement tous les jours au même moment, ne pas se retenir
Les médicaments laxatifs sont pour la plupart vendus sans ordonnance (mais certains peuvent être remboursés sur la présentation d'une prescription). Ils ne sont cependant pas dépourvus de précautions d'emploi.
Les laxatifs lubrifiants dont le chef de file est l'huile de paraffine, ramollissent le bol fécal (en rendant les selles plus grasses) et en facilite la progression. Ils agissent en 6 à 8 heures, se prennent de préférence à distance des repas (car ils empêchent l'absorption intestinale des vitamines liposolubles A,D,E,K - à prendre en compte en cas de constipation pendant la grossesse- et au moins deux heures avant le coucher pour éviter le risque d'inhalation bronchique et les pneumopathies lipoïdes. A dose trop élevée, ils peuvent entrainer un suintement anal huileux accompagné ou non de démangeaisons.
Exemples : Gelée Lansoÿl ®, confiture Lubentyl ®, huile Restrical ® estragon ou noisette...
Les laxatifs de lest ou mucilages ont une action mécanique en augmentant le volume des selles, ils agissent en 1 à 3 jours. Ils s'administrent avec un grand verre d'eau pour éviter l'occlusion intestinale. Ils entrainent en début de traitement des ballonnements ou un météorisme intestinal, il vaut mieux augmenter la dose progressivement. Il est déconseillé de les administrer en position allongée et aux personnes souffrant de maladie inflammatoire chronique de l'intestin.
Exemples : Spagulax ® (graines d'Ispaghul) dont la forme granulés contient du potassium, Transilane ® sachets avec ou sans sucre, Normacol ® (gomme de Sterculia)...
Les laxatifs osmotiques sont destinés à rendre les selles moins dures en créant un appel d'eau dans la lumière intestinale. Ils se prennent en général le matin, leurs effets secondaires principaux sont des selles semi-liquides et des douleurs abdominales. Ce sont, avec les laxatifs de lest, les laxatifs les mieux tolérés et les plus prescrits chez l'enfant constipé et la femme enceinte. Ils nécessitent des précautions d'emploi chez les sujets au côlon irritable.
Exemples : Forlax ®, Movicol ®, Transipeg ® (tous les 3 à base de PEG Macrogol), Importal ® (lacticol), Duphalac ® (lactulose), Sorbitol Delalande ® (sorbitol)...
Les laxatifs stimulants ou irritants ne sont réservés qu'en cas d'échec des autres traitements de la constipation et toujours de façon ponctuelle. Ils entrainent une vidange intestinale rapide (moins de 5 heures) par irritation et inflammation de la paroi intestinale avec
fuite de potassium (et risques cardiaques associés) et risque l'inflammation chronique de l'intestin diminuant ainsi ses contractions spontanées avec installation d'une constipation chronique et dépendance aux médicaments.
Exemples : Contalax ®, Dulcolax ®, Pursennide ®, Ideolaxyl ®, Péristaltine ®, dragées Fuca ®, Grains de Vals ® et tous les compléments alimentaires végétaux à base de séné, cascara, bourdaine
considérés à tord comme inoffensifs.
Les laxatifs par voie rectale sont pratiques car d'action rapide. Ils permettent l'évacuation rapide des selles situées dans la partie terminale du colon et du rectum. Leur utilisation doit être ponctuelle car elle perturbe le réflexe de défécation et peut irriter la muqueuse anale (déconseillés en cas d'hémorroïdes ou de fissure anale).
Exemples : suppositoires à la glycérine, Microlax ®, Rectopanbiline ®, suppositoire effervescents Eductyl ®...
Les laxatifs destinés à la préparation à la coloscopie sont à réservés uniquement à cette indication. Leur action drastique est susceptible de modifier l'action des autres médicaments pris au même moment (attention aux contraceptifs et aux médicaments à marge thérapeutique étroite).
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